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Lettre N°68 : Héritages

L’héritage est le patrimoine qu’une personne laisse à son décès. Qu’en est-il des associations ? Quel héritage laissent les associations lorsqu’elles disparaissent ?

Cette question est redoutable, elle s’impose aujourd’hui dans le monde combattant pour une raison simple. Le monde combattant français a été construit sur le concept de génération du feu.

Chaque génération combattante a généré la création d’une génération associative.

La guerre de 1870-1871 avec les associations de vétérans, celle de 1914-1918 avec les centaines d’associations nationales et les dizaines de milliers d’associations locales, la guerre de 1939-1945 mais aussi celles d’Indochine et d’Algérie ont fait de même.

La génération OPEX génère elle aussi ces associations spécifiques. Face à ce monde associatif, seules quelques rares associations, comme l’UNC ont vocation à l’intergénérationnel. Les associations d’Anciens Combattants naissent, vivent et meurent.

Le Souvenir Français qui inscrit sa vie dans la durée de l’intergénérationnel a mis en place une politique pour faire vivre l’héritage de ces associations.

Peut-on en effet accepter que ce monde associatif qui a façonné la mémoire nationale puisse disparaître de nos souvenirs ?

Hériter de ces associations, c’est d’abord en sauvegarder les archives afin que demain, les historiens puissent découvrir, étudier et expliquer ce que fut la formidable passion des hommes et des femmes qui animèrent les associations. Ces archives ont, pour les associations nationales, leur place au SHD (Service Historique de la Défense). Le Souvenir Français s’y emploie.

Hériter, c’est ensuite sauvegarder les drapeaux de ces associations en leur assurant une seconde vie dans les établissements scolaires. Ces drapeaux ont une histoire, une fierté. Les établissements scolaires la reprennent à leur compte. Le Souvenir Français s’y emploie.

Hériter, c’est encore prolonger les créations des associations. Les monuments, les stèles, les plaques, mais aussi les prix, les concours, les publications. Aucun monument associatif ne doit rentrer en déshérence, aucune initiative forte (exemple : le Prix littéraire de la Résistance du CAR) ne doit disparaitre. Le Souvenir Français s’y emploie.

Gérer un héritage est souvent difficile. Ne dit-on pas qu’une famille qui s’entend bien est une famille qui n’a pas encore hérité ?

Gérer un héritage associatif est tout aussi difficile. Le Souvenir Français a fait le pari de donner un avenir aux associations qui disparaissent.

Ces héritages imposent des devoirs. Le Souvenir Français les respectera.


Serge BARCELLINI

Contrôleur Général des Armées (2s)
Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

Cérémonie du 14 Juillet 2021 à Sézanne. Reconnaissance au Souvenir-Français

Cette année, la cérémonie du 14 juillet a revêtu une ampleur particulière.

En présence des personnalités locales, des pompiers, des associations patriotiques et leurs drapeaux, de l'Harmonie municipale, une section en armes du 5ème. Régiment de Dragons de Mailly le Camp, concrétisait officiellement son jumelage avec la ville de Sézanne.

A l'issue de la cérémonie républicaine, Monsieur Héwak, maire, a tenu à inviter tous les participants à se diriger vers le mail des Cordeliers dont la statue monumentale honore les « soldats et marins du canton de Sézanne morts pour la Patrie » pendant la guerre de 1870 (Hommage qui n'avait pu être rendu en 2020, année de son cent cinquantenaire).

Monsieur Héwak voulait ainsi marquer la mémoire de cette guerre, un peu oubliée, et surtout mettre en exergue l'érection de ce monument par le Souvenir- Français ; son inauguration en septembre 1912 donna lieu à une fête grandiose présidée par le ministre du Commerce Léon Bourgeois, très populaire puisque chalonnais, accompagné de Xavier Niessen, fondateur du Souvenir- Français.

La cocarde tricolore qui vient d'être apposée orne désormais le socle de cette belle statue d'inspiration apaisée, non revancharde, un monument très rare à l'époque, de taille imposante, oeuvre d'un sculpteur local qui a reproduit les armes de la ville de Sézanne sur l'écu que tient une femme déposant des lauriers sur le front d'un héros mort gisant à ses pieds.

Avant le dépôt de gerbe, le colonel (h) Finck, vice -président du comité du Sud ouest marnais résumant cet historique en quelques mots, a rappelé à l'assistance que si en 75 ans (de 1870 à 1945), 3 guerres ont endeuillé notre Pays, depuis 75 ans, nous vivons dans la Paix. La minute de silence et la Marseillaise chantée ont clôturé l'hommage.

Nous devons honorer ceux qui se sont sacrifiés pour la Paix et transmettre ce flambeau aux jeunes générations afin qu'elles se souviennent.